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Le thon victime de la cupidité des pêcheurs

Par • 18 décembre 2007 • Catégorie: Monde

Les mers et les océans sont dépouillés de leurs poissons. C’est un état de fait sur tout le monde s’accorde. Les pêcheurs partagent aussi l’avis de dire que les ressources ne sont plus aussi abondantes qu’auparavant.
La Cour des Comptes européenne a publié le 4 décembre un rapport qui épingle la France parmi les plus gros tricheurs de la pêche au thon puisque les thoniers français ont pêché 19 000 tonnes de poisson contre les 11 000 autorisées.

La pêche au thonLa première fois que j’ai visité le port de Sète, j’ai subi un énorme choc. Mes vacances chez mes grands-parents à La Baule avaient bercé ma jeunesse à la vue des petits chalutiers de pêche du Croisic ou Pornichet, mais les vaisseaux de guerre des thoniers de Sète m’ont terrifié. Il ne manque aux thoniers que les canons et la couleur gris pour figurer parmi l’armada de l’armée française. Au-delà du choc visuel, j’ose imaginer les enjeux économiques de cette pêche industrielle, mais le dépouillage des ressources maritimes dépasse carrément les bornes. La cupidité des thoniers va totalement éradiquer les espèces et il semble bien qu’ils s’arrêteront quand il n’y aura plus un seul aileron de thon en vue sur leurs radars perfectionnés.

L’association Greenpeace a surveillé les thoniers pour en tirer des conclusions alarmantes. La France aurait caché 850 tonnes de poissons pêchés, l’Italie en aurait occulté 15 000 et l’Espagne n’aurait pas déclaré 9 000 tonnes. De plus, il existe une pratique courante qui implique de revendre une partie des prises à un pêcheur de nationalité différente ou de changer le pavillon du navire pour un autre moins drastique au niveau des quotas.

Pour finir, le dispositif global des prises repose essentiellement sur l’autocontrôle dont je doute de la fiabilité à la vue de la cupidité des pêcheurs industriels. Les pêcheurs s’en foutent de piller les ressources et les autorités n’ont pas les moyens de contrôler correctement. C’est une évidence de planifier que le poisson ne va pas s’en tirer vivant. Il faut savoir que le poisson ne revient pas quand il a été décimé quelque part. Tous les quotas possibles ne pourront donc pas ramener le poisson et les thoniers n’auront que leurs yeux pour pleurer lorsqu’il n’y aura plus rien à pêcher.

Je sais que la pêche n’est peut-être pas le sujet le plus glamour ou racoleur dont je pourrais parler, mais ça m’inquiète un peu de savoir que les enfants de mon fils ne mangeront certainement rien d’autre que du poisson d’élevage. Les humains ont vraiment cette faculté de détruire leur biotope de manière extrêmement rapide. Il y a une étude qui comparait l’espèce humaine au rat lorsqu’il s’agit de cette destruction du biotope. Cette histoire de thon me laisse penser que notre cerveau est peut-être plus développé que celui du rat, mais nous montrons tellement de bêtise que nous méritons notre triste sort.

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