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Opter pour des funérailles écologiques : respecter la vie après sa mort

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À une époque où l’impact écologique de l’homme est dénoncé, force est de constater qu’il perdure même après sa mort. En cause, une industrie funéraire polluante et grande consommatrice d’énergies fossiles. En France comme à l’étranger, des solutions voient le jour afin de limiter ce désastre environnemental.

Pollution post mortem : un constat préoccupant

La pollution post mortem commence quelques jours après le décès, pour se poursuivre bien des années plus tard. En effet, depuis les années 1980, pour rendre la mort plus supportable, les actes de thanatopraxie se sont développés. Par l’injection de formol, ceux-ci permettent de retarder l’altération du corps et de donner l’illusion d’un sommeil profond. Ainsi, plus de deux tiers des défunts reçoivent jusqu’à dix litres de produits chimiques chacun. Or, dans le cas d’une inhumation, le processus de décomposition du corps va provoquer un écoulement de ces produits. La plupart des caveaux n’étant pas étanches, cela va engendrer une pollution des nappes phréatiques et des sols. Dans le cadre d’une crémation, la combustion du formol va entraîner le rejet de dioxines nocives pour les populations alentour.

Outre cette pollution, la crémation est également à l’origine d’émissions de CO2 et d’émanations toxiques dans l’atmosphère. Or, en France, moins d’un incinérateur sur deux est équipé de filtres antipollution aux normes.

Ajoutés à cela le recours massif au bois pour les cercueils ou encore l’entretien des cimetières, le bilan écologique de l’industrie funéraire est critique. C’est pourquoi, comme l’indique l’article “En Europe, le business de la mort… est bien vivant !” sur Parlorama de nouvelles alternatives voient le jour pour répondre notamment à ces préoccupations environnementales.

Funérailles écologiques : les alternatives en France

En France, seules l’inhumation et la crémation sont autorisées après la mort. Cependant, si vous souhaitez opter pour des funérailles plus écologiques, des solutions existent.

Le choix du cercueil ou de l’urne

Le choix du cercueil ou de l’urne est déterminant pour des funérailles écologiques. En effet, principalement construit en bois, la matière première des cercueils provient souvent d’exploitation forestière intensive. Cependant, il est possible de sélectionner un bois issu d’une gestion écoresponsable.

Des matériaux biodégradables sont également proposés, comme le carton, le papier mâché ou encore le bambou. Dans le cadre d’une crémation, ils offrent l’avantage d’une combustion plus brève et de rejets moins polluants. Dans la terre, ces cercueils et urnes écologiques se décomposent plus rapidement et ne détériorent pas les sols. Il existe aussi des alternatives à base d’eau ou d’amidon pour éviter l’utilisation des vernis et colles traditionnels.

Les cimetières écologiques

Bien développés en Amérique et en Angleterre, les cimetières écologiques arrivent en France. Ils se situent principalement dans des prairies ou des forêts et sont régis par des règles strictes :

  • les corps n’ont subi aucune injection de produits d’embaumement ;
  • les urnes ou cercueils sont biodégradables ;
  • l’entretien de la végétation est réalisé sans pesticide.

Bien souvent, aucune stèle ne marque l’emplacement du défunt. Grâce à ces préoccupations environnementales, ces cimetières écologiques sont couramment classés comme réserve naturelle. Une attention particulière est alors accordée à la faune et la flore.

Funérailles écologiques : des solutions innovantes à l’étranger

Aquamation

L’aquamation, aussi appelée hydrolyse alcaline, est une pratique funéraire développée aux États-Unis. Ce procédé consiste à plonger le corps du défunt dans une eau bouillante additionnée d’une solution alcaline. Après une immersion de quatre à huit heures, on obtient une poussière d’os.

Le résultat est le même qu’après une incinération, à la différence que l’aquamation ne rejette pas de CO2. De plus, aucun liquide nocif n’est déversé dans la nature et le traitement des eaux usées se fait par les égouts de la ville. Enfin, les métaux toxiques comme les amalgames dentaires, les pacemakers et les prothèses sont récupérés à la fin du processus.

Les États-Unis, le Canada et l’Australie sont les principaux pays à avoir recours à cette technique. Elle reste cependant très peu développée en Europe et, pour l’instant, interdite en France.

L’humusation

L’humusation est un procédé d’un an qui transforme le corps du défunt en compost. Enveloppé dans un linge biodégradable, il est déposé à l’intérieur d’un amas de copeaux. Sous l’effet de la chaleur, les chairs vont se détacher des os grâce aux enzymes libérés. Après environ trois mois, le corps est devenu terreau. Cependant, il faut compter une année pour voir également disparaître les os.

La décomposition complète du corps produit un mètre cube de compost. Une quantité qui permet d’enrichir la terre d’une centaine d’arbres. Pour l’instant, seul l’État de Washington (États-Unis) autorise cette technique.

La promession

Scientifiquement appelée lyophilisation, la promession est une technique développée en Suède. Elle consiste à refroidir le corps à -196°C avec de l’azote liquide. Ainsi congelé, il devient cassant et peut être réduit en particules fines grâce à un système de vibrations.

Ce procédé protège l’environnement de tout rejet nocif. Il tend à se généraliser en Scandinavie, en Angleterre et en Allemagne.

En conclusion

Face à la situation écologique préoccupante, il est urgent de repenser nos modes de vie. Cependant, il apparaît également primordial de faire évoluer nos rites funéraires. En France, certains de nos choix post mortem peuvent déjà participer au changement. Cependant, il est probable qu’à l’avenir nous ayons accès à des techniques encore plus innovantes.

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