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La mononucléose infectieuse, la maladie du baiser

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EBV : mononucléose infectieuse

La mononucléose infectieuse (MNI), dite « maladie du baiser » est une maladie provoquée par le virus d’Epstein-Barr (EBV), un virus qui a la particularité de n’avoir aucun remède jusqu’ici. La personne atteinte est très fatiguée, souffre d’une fièvre élevée et d’une angine. Pour faire face à cette maladie et la prévenir, il convient de bien s’informer. Comment agir ? Quel médicament prendre ? Que faire en cas de complications ?

Qu’est-ce qui provoque la mononucléose ?

Le virus d’Epstein-Barr est très répandu, puisque 50 % des enfants sont porteurs du virus dès l’âge de 5 ans. À 40 ans, 90 % des individus ont gardé le virus dans leur corps (dans les lymphocytes), sans forcément provoquer de symptômes.

Le virus provoque la mononucléose à la première infection (première entrée dans l’organisme, les 2 à 4 premières semaines), puis le corps subit avant de s’autoimmuniser pour le reste de la vie de la personne atteinte.

La mononucléose tire son nom des globules blancs mononucléaires (les lymphocytes possédant un seul noyau) dans le sang qui prolifèrent lorsqu’ils sont infectés par le virus.

Le virus d’Epstein-Barr appartient à la famille des herpèsvirus et tout comme l’herpès. Il faut savoir qu’il provoque d’autres maladies à part la mononucléose infectieuse, notamment le lymphome de Burkitt.

Comment la mononucléose se manifeste-t-elle ?

Les symptômes de la mononucléose ne se manifestent pas immédiatement après l’infection, car le virus d’Epstein-Barr (EBV) attend une période d’incubation de 4 à 7 semaines. La personne atteinte par le virus de la mononucléose commence par se fatiguer progressivement et connaît une fièvre modérée à 38°C. Les symptômes de la mononucléose infectieuse apparaissent ensuite et durent 2 ou 3 semaines :

  • Une fatigue (devenue) extrême accompagnée de courbatures
  • Une fièvre (montée) à 39°C empirée par des maux de tête
  • Une perte d’appétit
  • Une angine (mal de gorge) douloureuse rendant difficile d’avaler
  • Un gonflement des ganglions à la base du cou, sous les aisselles et à l’aine (du à la prolifération de lymphocytes)
  • Une jaunisse due à une atteinte hépatique

Les symptômes selon l’âge

Avant 5 ans, la mononucléose infectieuse (MNI) passe presque inaperçue, se résumant à une poussée ganglionnaire et de petits maux comparables au rhume (avec une petite fièvre). L’enfant devient naturellement immunisé et ne peut plus être atteint par le virus à l’âge adulte. Une deuxième infection n’est plus possible !

À l’adolescence et à la post-adolescence, les symptômes de la maladie du baiser cités ci-dessus apparaissent pendant une quinzaine de jours avant de disparaître. Ils restent cependant contagieux pendant des semaines et la fatigue perdure durant des mois.

Les symptômes chez les personnes non protégées

Si une personne n’a pas contracté la mononucléose durant l’enfance, elle est qualifiée d’immunologiquement incompétente à l’âge adulte ou à l’adolescence. Non protégée, elle peut être hospitalisée à cause de la maladie du baiser (parce que le virus d’Epstein-Barr se transmet par la salive).

Dans le cas où la fièvre persiste après le cinquième jour et que l’infection paraît s’empirer, le médecin peut en effet prescrire une hospitalisation.

Y a-t-il des personnes à risque et des facteurs de risque ?

Les adolescents et les jeunes adultes sont les plus susceptibles d’attraper la maladie du baiser. Cependant, toute personne de tout âge peut contracter une mononucléose infectieuse, aussi bien des enfants que des personnes âgées.

La mononucléose devrait être contractée durant l’enfance, faisant apparaître des symptômes « mineurs », voire inaperçus durant quelques semaines. Cependant, en raison des mesures d’hygiène importantes mises en place par la société, le virus d’Epstein-Barr (EBV : Epstein-Barr virus anglais) se transmet tardivement, à l’adolescence, et même plus tard, rendant les symptômes de la mononucléose plus importants.

L’antibiotique : de l’huile sur le feu !

Si la personne atteinte de mononucléose a pris des antibiotiques, le virus d’Epstein-Barr aura une réaction très virulente contre le traitement. L’infection à l’EBV sera très sévère et entraînera l’apparition de plaques rouges au niveau du tronc, des bras et des cuisses.

Attention à la rate !

Les symptômes de la mononucléose infectieuse incluent également une augmentation du volume de la rate, mais seul le médecin peut la détecter en tâtant l’abdomen du patient atteint de la maladie du baiser. Si la personne ressent une douleur aiguë en haut à gauche de l’abdomen, il est fortement recommandé de se dépêcher le plus vite possible pour se rendre à l’hôpital. Cela pourrait être le signe que la rate enflée est sur le point de rompre.

Quelles sont les complications possibles de la mononucléose ?

La mononucléose est une maladie bénigne avec de rares complications, mais si celles-ci arrivaient, elles pourraient être graves. Cependant, lorsqu’elles sont prises en charge correctement, elles régressent en quelques jours ou quelques semaines. Il est aussi important qu’elles soient correctement diagnostiquées.

Les complications touchant les organes

L’organe le plus vulnérable pouvant entraîner la complication la plus grave est la rate. Dans 0,5 % à 1 % des cas d’infection, la maladie du baiser peut provoquer une rupture de la rate à cause du gonflement de l’organe en question (splénomégalie).

Si cela arrivait, le saignement se répandrait dans la cavité abdominale, entraînant des douleurs au ventre. Sans une intervention chirurgicale en urgence, la personne mourra. Le choc, même léger, est à éviter absolument en cas de mononucléose infectieuse !

Les organes vitaux sont également concernés par les complications :

  • le cœur (myocardite)
  • le cerveau (encéphalite, méningite)
  • le poumon (pneumonie)
  • les reins (néphrite)
  • le foie (hépatomégalie, hépatite virale, lyse cellulaire)

Des complications hématologiques

La maladie du baiser peut parfois entraîner :

  • une destruction accélérée des globules rouges (anémie hémolytique)
  • une diminution du nombre de plaquettes provoquant de petits points rouges ou violacées sur le corps du à une anomalie de coagulation du sang (purpura thrombopénique)
  • un écoulement restreint de sang dans la zone concernée (cryoglobulinémie)

Dans des cas encore plus rares, l’infection au virus d’Epstein-Barr est responsable d’un syndrome d’activation des macrophages (globules blancs rendant les lymphocytes actifs), détruisant partiellement les cellules de la moelle osseuse. Ce phénomène réduit alors la production de cellules sanguines, à savoir les globules rouges et blancs et les plaquettes.

Autre cas exceptionnel : des jeunes filles atteintes de mononucléose infectieuse développant un ulcère aigu de la vulve, dite maladie de Lipschutz. Cette ulcération profonde et douloureuse ne s’accompagne pas de fièvre et disparaît au bout d’un moment (quelques semaines), lassant parfois une cicatrice.

Des complications cellulaires

Il s’avère que les personnes porteuses du virus d’Epstein-Barr sont plus susceptibles d’avoir un cancer. Le virus est responsable de l’apparition du lymphome de Burkitt. Ce type de lymphome non hodgkinien (LNH) à cellules B matures prend naissance dans les ganglions lymphatiques (les lymphocytes infectés), là où s’est reposé le virus.

Ce lymphome se développe à partir des lymphocytes (globules blancs) après que le système immunitaire de la personne concernée ait été gravement affaibli après une chimiothérapie ou la prise de médicaments antirejet après une greffe d’organe par exemple.

En Afrique, ce cancer est endémique et touche particulièrement les enfants. En Asie, le virus d’Epstein-Barr est en cause dans l’apparition du cancer du nasopharynx. Dans les deux cas, le cancer touche les os du visage.

Comment la mononucléose se transmet-elle ?

Dès qu’une personne est infectée par le virus, elle devient contagieuse durant la période d’incubation de 4 à 6 semaines, durant l’apparition des symptômes de la mononucléose (fièvre, mal de gorge) et plusieurs mois après l’infection.

La salive, le baiser…

Le virus d’Epstein-Barr se transmet facilement à l’aide d’un baiser sur la bouche. Une mère qui embrasse son enfant, des parents qui s’embrassent, des adolescents qui s’embrassent, etc. Même une personne qui postillonne en parlant peut infecter son interlocuteur !

Un échange de cuillère, un jouet mâchouillé dans la bouche d’un autre enfant, des adolescents qui s’échangent une bouteille d’eau ou un sandwich, un éternuement, etc. Les moyens de transmission de l’infection sont nombreux.

Transmission par une personne en bonne santé

Lorsque la personne est guérie de la maladie du baiser, le virus demeure toute la vie dans les ganglions (lymphocytes) sous forme silencieuse. Aucune récidive ne se produira, mais le virus peut être transmis à une autre personne si le porteur sain est un excréteur asymptomatique, représentant 20 à 30 % des cas.

Dans des cas rares, la MNI se transmet lors d’une transfusion sanguine ou une transplantation d’organe.

Comment la mononucléose est-elle diagnostiquée ?

L’examen montre les signes d’une angine : une gorge rouge, des amygdales inflammatoires recouvertes d’un dépôt gris… Les ganglions augmentent de volume, mais aussi la rate. Un symptôme de la mononucléose que le médecin détecte en palpant l’abdomen du patient.

Identifier/distinguer le virus d’Epstein-Barr

Pour diagnostiquer une mononucléose infectieuse, le médecin prélève des sécrétions dans la gorge du patient dans le but de distinguer le virus d’Epstein-Barr d’une simple mal de gorge, une pharyngite bactérienne. Une prise de température sera effectuée pour détecter la fièvre.

Pour être absolument sûr, le médecin peut procéder à un examen sanguin (un MNI-test), parce que les symptômes peuvent être confondus avec celles d’une infection au cytomégalovirus (CMV), d’une toxoplasmose ou d’une autre infection.

Les signes cliniques de la mononucléose infectieuse ressemblent également aux premiers symptômes de l’infection au virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Un test de dépistage du VIH est dans ce cas nécessaire.

Les examens et les analyses à faire en cas de mononucléose

Comme il est difficile d’isoler le virus d’Epstein-Barr, le médecin préfèrera rechercher les anticorps spécifiques dirigés contre le virus grâce à des tests sérologiques. Le MNI-test permet de détecter efficacement le virus à 80 %.

Comme 3 % des MNI-tests révèlent cependant des cas de faux positifs, des tests supplémentaires sont nécessaires pour rechercher :

  • Des anticorps type 1gM anti-VCA si la personne vient d’être infectée par la mononucléose
  • Des anticorps IgG EBV-VCA et IgG EBNA si la personne présente des symptômes de la MNI depuis quelques jours.

Une biopsie d’un ganglion (étudiant les lymphocytes activés) sera même envisagée en cas de doute sur le diagnostic de la mononucléose.

Tests supplémentaires en cas de complications de la mononucléose

D’autres tests sanguins sont effectués selon la complication :

  • Hépatite : tests hépatiques pour apprécier la fonction du foie
  • Anémie : test de Coombs pour rechercher une destruction des globules rouges
  • Affection neurologique : myélogramme pour l’étude des cellules de la moelle osseuse

Comment doit-on traiter la mononucléose ?

La mononucléose infectieuse ne peut être soignée par aucun traitement médicamenteux. La prise d’un antibiotique pour traiter la MNI ne fera qu’aggraver les symptômes. La recherche de vaccin n’a pas encore porté ses fruits jusqu’à aujourd’hui. Toutefois, comme un vaccin a été trouvé contre la varicelle (un virus de la même famille), les chercheurs ont bon espoir de trouver un vaccin contre la mononucléose.

Attendre que ça passe !

Les symptômes de la mononucléose disparaissent au bout de 4 à 8 semaines, mis à part la fatigue. Il suffit donc de prendre son mal en patience ! Le rétablissement complet peut cependant durer plusieurs mois, notamment jusqu’à 6 mois pour les enfants. Il ne faut surtout pas avoir une activité physique relativement intense (port d’objet lourd, sport, etc.) pour éviter la rupture de la rate.

Les gestes à adopter

  • Le repos est donc la première solution à absolument adopter. Le médecin doit normalement prescrire un repos maladie de quelques semaines.
  • Il faut beaucoup dormir, éviter le stress, boire abondamment et manger autant qu’on peut, et ce, de manière saine et équilibrée. Boissons et aliments froids ou glacés de préférence.
  • Se gargariser avec une solution d’eau salée plusieurs fois par jour. Mélanger une demi-cuillère à thé de sel avec un verre d’eau.
  • Renforcer son système immunitaire avec des aliments et des compléments alimentaires naturels. Les conseils d’un médecin sont toujours préférables.

À noter que les massages ne sont indiqués que lorsque les signes de l’infection ont totalement disparu, notamment la fièvre, les ganglions enflés par prolifération de lymphocytes, les malaises… Encore là, il est recommandé de demander au médecin traitant de la personne atteinte par la mononucléose infectieuse.

Les médicaments

Pour lutter contre la fièvre et les douleurs (maux de tête, maux de gorge, courbatures), le médecin pourra prescrire des comprimés d’acétaminophène (Tylenol®), des anti-inflammatoires à effet analgésique, comme l’ibuprofène (Advil®, Motrin®) ou des antalgiques de type paracétamol (Doliprane®, Efferalgan).

Attention ! L’aspirine est déconseillée aux enfants de moins de 16 ans, susceptibles de provoquer le syndrome de Reye, une affection rare, mais mortelle dans la plupart des cas.

Dans le cas où les amygdales enflent jusqu’à obstruer les voies respiratoires (à cause d’une surproduction de lymphocytes), le traitement recommandé est la prise de corticostéroïdes.

Certains antibiotiques ne sont pas complètement à proscrire en cas d’infection bactérienne de la gorge, des sinus ou des amygdales. Environ 20 % des personnes atteintes de mononucléose sont concernées. L’ampicilline et l’amoxicilline sont les principaux antibiotiques causant une réaction cutanée sur tout le corps des personnes touchées par la mononucléose infectieuse.

Comment peut-on prévenir la mononucléose ?

Aucun vaccin contre le virus Epstein-Barr n’a encore été trouvé et il n’existe pas non plus de moyen de prévenir de la maladie du baiser. Il est cependant possible d’éviter la contagion, mais est-ce réellement recommandé ?

Il vaut mieux contracter le virus le plus tôt possible si l’on est voué à attraper la mononucléose une fois dans sa vie. Cependant, il est toujours possible de faire partie de l’infime minorité qui n’a jamais été atteinte de la mononucléose.

Éviter la contagion : du côté des personnes non malades

  • Éviter les contacts directs avec les personnes atteintes de la mononucléose infectieuse (baisers sur la bouche)
  • Éviter d’échanger des verres, des cuillères, des plats avec une personne touchée par l’infection
  • Ne pas partager de nourriture
  • Se protéger des éternuements

Éviter la contagion : du côté des personnes malades

  • Se couvrir la bouche en toussant ou en éternuant
  • Bien se laver les mains régulièrement, surtout après avoir toussé ou après s’être mouché
  • Nettoyer les objets les plus souvent utilisés (téléphone, lunettes)
  • Bien ranger la brosse à dents de la personne malade après usage
  • Aérer le logement au moins une fois par jour et exposer au soleil
  • Rester à la maison les quelques semaines que dure la phase aiguë (mal de gorge, fièvre)
  • Éviter de se rendre chez le dentiste si possible
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