Logo Adicie.com

Le Monde interdit de blogger aux candidats pour les élections municipales

Par • 6 janvier 2008 • Catégorie: Politique

Tout à l’heure, j’ai voulu mettre en ligne un billet sur la pseudo-élection Facebook sur mon blog Le Monde (que je devrais vraiment mettre à jour plus souvent), mais j’ai été surpris de voir un énorme encart tout jaune sur mon tableau de bord WordPress m’indiquant que la tenue d’un blog par un candidat aux municipales, sur Le Monde.fr ou sur tout autre site de presse, est considéré comme un don par une personne morale, ce qui est interdit.


Ce n’est pas très grave en soi car il y a bien d’autres moyens pour les politiques de s’exprimer, mais ce genre d’attitude me révolte car c’est encore une répression des libertés. Ce n’est pas la faute du Monde qui respecte les recommandations de la Commission nationales des comptes de campagne et c’est la même histoire pour tous les organes de presse qui proposent des plateformes de blog.

Par contre, c’est au niveau global que cette mise en garde m’a fait bondir.
Il est de plus en plus intolérable de voir que le pouvoir veut absolument garder la main mise sur Internet. Ce Médian échappe normalement à tout contrôle grâce à sa nature libertaire, mais le pouvoir en place veut absolument tenter d’y ajouter des éléments de contrôle, d’interdiction et de supervision comme il le fait avec les autres médias.

Vraiment c’est dommage de voir que la France n’a rien à envier à n’importe quel pays totalitaire en termes de libertés individuelles puisque ce genre de pratique dont je viens d’être le témoin sur Le Monde est un signe apparent qu’Internet n’est pas aussi libre que tout le monde veut bien le croire.
Il serait tellement magnifique si Internet pouvait rester totalement libre de toute influence du gouvernement en France car il n’est pas normal que je puisse m’exprimer normalement sur ce blog car je n’habite pas en France, mais par contre dès que vous êtes sur le territoire il faut prendre garde à une quantité hallucinantes de menaces qui pèse sur votre responsabilité.

Le Monde interdit le blogging aux candidats pour les élections municipales

5 reponses »

  1. J’en avais parlé je ne sais plus où ni quand (au début de l’interdiction). C’était, en plus, la fin de l’époque où des blogueurs du Monde le quittaient à cause des publicités Adsens lors enlevées (d’où retour de certains).

    Par contre, 26rdb qui est bel et bien candidat est parti ailleurs.

    Je n’avais pas analyser la chose comme toi, voyant plus cela en terme de CSA = temps de parole. En effet, ceux qui peuvent bloguer en auraient eu plus que les autres candidats …

    Ceci étant, cette mesure n’existait pas lors des présidentielles …

    Tu ouvres (?) le débat et je vais le relayer.

  2. Faut dire que ça faisait belle lurette que je n’avais pas posté sur mon blog Le Monde…

    Quand à l’interdiction en tant que telle, je peux la comprendre, mais c’est surtout ce carnage permanent visant à nous interdire toujours plus qui me gave.
    Que ça soit un blog hébergé au Monde, France2 ou totalement ailleurs cela reste un blog avec la portée qui n’a rien de comparable avec l’omniprésence dans les médias de Sarkozy avant les élections.
    D’un côté, la règle ne s’applique pas au candidat Sarko et de l’autre, on vient interdire sur des pôv blogs qui n’auront de l’audience seulement si le propriétaire s’en donne la peine et peu importe où il sera hébergé.

  3. Tu penses bien que je n’allais pas rester sans réagir 😉 Donc j’ai fait mes petites recherches.

    Si j’interprète bien le guide du candidat : Tu peux ouvrir ton blog à un candidat dans la mesure ou cela est gratuit pour tout le monde. Comme tu n’es pas un site institutionnel, et que celui-ci est gratuit, tu peux proposer aux candidats de venir blogger chez toi, à la condition de fermer les billets la veille.

    Extrait du guide du candidat :

    « 3.3.6. Internet

    Toute utilisation d’un site Internet pendant la période électorale et les frais afférents à celui-ci (ouverture et fermeture de la ligne, abonnement, frais d’hébergement, coût des communications) sont à intégrer dans les dépenses du compte de campagne et relèvent des mêmes règles que les supports écrits. Ainsi, le recours à un site institutionnel pour promouvoir la campagne d’un candidat est assimilé à un don de personne morale.

    La fourniture à un candidat par un parti politique d’informations via son site relève de l’activité normale des formations politiques et le coût correspondant n’a donc pas à figurer au compte de campagne. En revanche, le téléchargement par le candidat de documents (modèles d’affiches, tracts…) qu’il utilisera par la suite pour sa campagne est une dépense devant figurer dans le compte.

    Le candidat peut recourir à l’hébergement gratuit de son site Internet à condition que cette gratuité soit offerte à tous les internautes.

    Le site Internet ne peut plus être modifié à partir de la veille du scrutin à zéro heure. »

    http://www.cnccfp.fr/index.php?art=740#CH_3.2.3.

    Si j’ai bien interprété le texte, tu sais ce qu’il te reste à faire…

  4. Ah tiens c’est une idée que voilà : ouvrir une plateforme de blogs gratuits aux candidats !
    Ca risque de faire un peu juste au niveau du timing, mais je garde l’idée pour une prochaine élection 😉

  5. Comme Laurent, je fais partie des français qui ressentent de plus en plus une drastique restriction des libertés individuelles, dans tous les domaines de la vie quotidienne, et ce, au nom du Droit, donc semble-t-il partant d’une cause juste, d’un bon sentiment et du respect de l’équilibre et des droits de chacun.

    Si j’adhère totalement à l’idée du respect du droit de chacun, je constate que sa mise en oeuvre est un échec (particulièrement en France) puisqu’elle aboutit à donner des privilèges conséquents aux initiés qui savent ou qui peuvent tirer parti de l’incroyable pléthore de réglementations qui font peser une « hallucinante quantité de menaces sur votre responsabilité » (cf: Laurent)

    Selon moi, cet échec est dû à l’absence de « BON SENS », qui est une démarche ponctuelle tendant à apporter une réponse circonstanciée à un problème concret ou à venir, en le remplaçant par une démarche irresponsable et standardisée (une loi, un règlement) qui prétend apporter une réponse universelle et préalable à une classe de problème plus ou moins bien cernée et définie (en général, insuffisamment, malgré une pléthore d’amendements).

    Ce problème remet en cause le principe de démocratie (qui en soi est une utopie).

    Cette utopie peut cependant fonctionner quand on laisse suffisamment de place aux libertés, tout en mettant en place des mécanismes qui pénalisent clairement ceux qui ne respectent pas les règles du jeu (fixées par des lois, prévoyant des sanctions, qui sont appliquées).

    La dérive vient lorsqu’on tend à généraliser les mécanismes de prévention (des lois pour vous empécher de faire des « erreurs »), sous le prétexte qu’on ne sait pas ou qu’on n’a pas le courage de sanctionner les vrais délinquants (qui sont ceux qui « sciemment » ne respectent pas les règles).

    Ce sont alors les gens « ordinaires », les « honnètes gens » qui sont le plus pénalisés.
    Par exemple:

    – nous sommes des dizaines de milliers a être verbalisés pour un dépassement de 10% de la « vitesse autorisée » (alors que vous n’avez fait aucun tort à personne, que la limitation en place n’a peut-être aucune justification, et que de toute façon le radar était peut-être (probablement) mal positionné et que donc la mesure était fausse).

    –> vous n’êtes pas sanctionné pour avoir commis « une faute » (un accident), mais pour ce que d’autres (sans considération des réalités ou des circonstances), estiment être « une situation à risque » (je n’aime pas qu’on décide à ma place).

    –> pendant ce temps là, 700 000 français (oui, 700 000) conduisent sans permis, certains sans assurance, sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants, tout en regardant la télévision en conduisant (oui, « Nouveau!!! » , maintenant c’est possible) – ooops, j’ai oublié le téléphone…

    –> la cause? : l’examen du permis de conduire est devenu tellement difficile et tellement cher (afin de s »assurer » absolument et préalablement, que nous serons tous de bons futurs conducteurs), que beaucoup de ceux qui en ont le plus besoin n’ont plus les moyens de l’obtenir (alors qu’on sait très bien que rien ne remplace l’expérience et que vous n’aurez pas l’occasion de l’acquérir légalement).

    Les vrais délinquants de la route, eux, n’en ont cure, et ont peu de chance de se faire prendre, de toute façon… (certains conduisent des années sans permi)

    Je pourrai prendre des dizaines d’exemples comme celui-ci, mais je ne veux pas abuser :-))

    Je voulais juste réagir en renforcement du « coup de gueule » de Laurent, et éventuellement faire savoir à nos responsables politiques que trop de lois tuent la loi (la France en crève..), surtout quand celles existantes ne sont pas ou mal appliquées.
    Et que quand on tend à remplacer la « Dictature du Prolétariat » (qui semblait une bonne idée) par la « Dictature du Droit des autres » (et la négation du « Bon Sens ») on risque d’aboutir au même résultat (surtout quand le droit des victimes s’efface devant le droit des délinquants).

    Alain

    PS: Au fait, j’ai le permi, je n’ai pas de voiture, et je n’ai pas subit de verbalisation ces 20/30 dernières années :-))