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César à la Fondation Cartier

Par • 15 septembre 2008 • Catégorie: Culture

C’est avec une grande excitation que j’ai visité l’exposition sur César installée par Jean Nouvel qui se tient actuellement à la Fondation Cartier à Paris.
Cela fait 10 ans que César, le célèbre sculpteur français, nous a quitté. Pour tout avouer, César me manque car ses créations savent émoustiller mes pupilles et titiller mon esprit.
J’ai eu la chance de croiser une fois César lors du Printemps de la Photo à Cahors. Franchement, le personnage fascinait immédiatement. Il avait l’œil perçant et le bon mot facile. Sa barbe aussi était intrigante car je me suis demandé ce qui pouvait bien vivre à l’intérieur quand j’ai senti l’odeur qui s’en dégageait. En tout cas, je me rappellerai toute ma vie de ces quelques minutes passées en compagnie de ce génie. Parmi ces phrases, celle que je préfère est « recommencer, ce n’est pas refaire. »

Parmi les œuvres de César que j’affectionne, il faut évidemment citer les compressions, mais ce que j’ai découvert pour la première fois, en grandeur nature à la Fondation Cartier, sont les expansions de mousse en polyuréthane. Ces vagues en plastique m’ont intrigué. J’y vois assez clairement la démarche de César, mais je trouve que ces coulures sont esthétiquement plaisantes. J’apprécie tout particulièrement la volonté de contraindre la matière, plaçant l’artiste en tant que superviseur plutôt que créateur. Cette façon de figer le mouvement était particulièrement innovante à l’époque, mais le résultat n’a pas vieilli. La fixation de la fluidité organique devient même érotique avec les vagues sensuelles en plastique brillant que je préfère aux coulures en rouille mat.
Finalement, César reste particulièrement contemporain car je cherche encore un artiste qui puisse me surprendre autant que lui.
Les moulures géantes sont également extraordinaires, notamment le pouce géant en bronze qui est visible à la Fondation Cartier.
La plus connue des compressions est le trophée remis à la cérémonie César du cinéma. Cependant, chaque compression rivalisait d’ingéniosité. Par exemple, un mois de lecture des habitants de Bâle trône dans le jardin de la Fondation Cartier. L’œuvre est particulièrement impressionnante. Ils doivent vraiment se faire chier pour déplacer un tel monument !
Je me rappelle également les compressions de fausses montres Cartier ou les diverses voitures torturées sous la direction du maître.
L’aspect visuel est surpuissant pour chacune des compressions, mais je ne suis pas moins impressionné par les expansions. Si j’étais assez riche pour en faire l’acquisition, il ne fait aucun doute qu’une compression ou une expansion par César trônerait chez moi.

Bref, j’aime l’extravagance de César qui me sied mieux esthétiquement que d’autres comme Dali. Les sculptures de César sont majestueuses et sobres à la fois, exactement ce qu’il faut pour que mon œil se régale.
Il y a aussi des créations de César qui me plaisent moins ; en particulier le Centaure auquel je n’arrive pas à m’habituer. Les autoportraits réalisés à la fin de sa vie ne sont pas non plus des créations qui me stimulent.
Parmi les dessins, j’ai repéré Hommage à la Tour Eiffel ou autres arrachages, mais je suis moins sensible au travail sur les oiseaux.
D’ailleurs, une lithographie d’un Arrachage reste un investissement raisonnable, puisque l’œuvre originale reste hors de portée de ma bourse. Cet hommage à César par la Fondation Cartier m’a donné envie d’avoir un petit bout de César à la maison car il demeure un de mes artistes préférés, dont je ne possède pas une seule trace autour de moi.

Merci à Sonia pour l’invitation à l’exposition César installée par Jean Nouvel, dont vous trouverez toutes les infos sur le site Web de la Fondation Cartier.

4 reponses »

  1. Un peu de culture dans ce monde de brutes ne fait pas de mal.
    Pour ma part, c’est le manque de stimulation culturelle chez les jeunes qui me trouble. La création est carrément pauvre ou même inexistante.

  2. Ca me donne vraiment très envie d’en voir plus 😉

    @Jean-Luc :
    « Pour ma part, c’est le manque de stimulation culturelle chez les jeunes qui me trouble. »

    Pourquoi dire ça ? Pourquoi toujours dire que les jeunes ne s’intéressent pas a l’art ? J’ai 17 ans et c’est depuis l’age de 14 ans que je fais de la photo. Mes parents ne sont pas des grands fan d’art et pourtant ça m’intéresse.

    Peut-être que les jeunes que vous avez rencontré n’aimaient pas le même art que vous, un art différent. Mais il ne faut pas dire que les jeunes n’aiment pas l’art.

    Olitax-
    ++

  3. Ca me donne vraiment très envie d’en voir plus 😉

    Olitax : Il faut venir à Marseille pour voir un « Pouce » de César 😉 …

  4. Il y a déjà eu une rétrospective César à Paris, au Jeu de Paume, juste après sa mort si mes souvenirs sont bons (et il ne le sont pas nécessairement…). Ce qui m’avait le plus frappé ce sont ses premiers travaux, des bronzes très classiques, notamment les oiseaux, ainsi que son égérie de l’époque (bien enveloppée, comme son chéri). Il y a eu aussi quelques années plus tard une rétrospective Raynaud, passée pratiquement inaperçue, qui était pourtant magnifique. Tout cela pour dire que tous les 15 ou 20 ans, on reprend souvent les mêmes et on les expose à nouveau, et c’est une très bonne chose. Si vous aimez les réalistes, dont César faisait partie, me semble-t-il, allez donc visiter aussi à Milly-la-forêt le « Cyclope », une oeuvre gigantesque perdue dans la forêt. C’est une énorme machinerie d’une vingtaine de mètres de haut ; on peut visiter l’intérieur. Pour accéder au site où le truc se dresse, il faut se guider sur les mugissements du cyclope… C’est le suisse Tinguely qui pilotait la réalisation (le même qui a fait avec sa compagne Niki les mécaniques qui crachent de l’eau dans la fontaine près du centre Pompidou) ; ils s’y sont mis à toute une bande : Niki de Saint-Phalle, et bien d’autres dont le nom m’échappe. Mitterand avait inauguré ça en 1900 quelque chose… Profitez-en aussi pour visiter, dans le village, la chapelle aux murs décorés par Jean Cocteau : vous entendrez la voie de Jean Marais faire le commentaire… Sur la tombe de Cocteau, dans la chapelle, il y a une inscription, une épitaphe précisément :  » Je reste avec vous  » ; c’est Cocteau qui reste avec nous (quelle outrecuidance de se croire si indispensable !) : cela étant, je me demande bien pour que faire, Jean, vu le bordel financier actuel ! Bon, avant de partir là-bas, à Milly, où vous visiterez aussi le jardin des simples, faites donc un petit tour sur L’Amour délivre, y’a pas à marcher…