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La grève des cheminots a déjà coûté 100 millions d’euros à la SNCF.

Par • 19 novembre 2007 • Catégorie: Economie

C’est Anne-Marie Idrac, big boss de la SNCF qui déclare au quotidien La Tribune que la grève des cheminots a déjà coûté plus de 100 millions d’euros à l’entreprise. Idrac note aussi que cela correspond au montant qu’elle souhaitait mettre sur la table des négociations. Malheureusement, les conséquences de la grève touchent d’autres entités que la chiffre d’affaires de la SNCF.

Encore une fois, les grèves sont un véritable frein à la croissance et un coup de pied dans la cheville de l’économie. C’est absolument scandaleux que les organisations syndicales ne prennent pas la mesure du désastre économique qu’ils sont en train de causer. En dehors de la SNCF qui perd directement des sommes faramineuses, il y a le fret industriel qui vit une véritable crise. Olivier Marembaud, directeur général délégué du fret à la SNCF, rapporte que quinze sites industriels majeurs sont pratiquement en rupture d’approvisionnement à cause de la grève. Sur les 700 trains long parcours qui circulent d’habitude quotidiennement, il n’y a qu’une cinquantaine qui effectuent leur parcours actuellement.

À cela s’ajoute le stress vécu et retard pris par toutes les personnes qui doivent emprunter le train. Cette conséquence directe de la grève est difficilement quantifiable, mais néanmoins réelle et imposante.

Mais quand va cesser cette folie ? Est-ce qu’il reste des gens auxquels il reste un peu de bon sens parmi tous ces empêcheurs de tourner en rond ? Cela devient plus qu’urgent que les autorités travaillent sur un projet de réforme des conflits sociaux. Le gâchis dure depuis trop longtemps et c’est impératif que cela cesse afin que le pays puisse se réformer sans lutte inutile. La réforme n’empêche pas la concertation et les concessions, mais le fait de descendre dans la rue afin de prendre en otage les citoyens et flinguer l’économie me semble être un acte tellement peu civique qu’il doit être éradiqué ou canalisé. Comment est-il possible aujourd’hui de laisser pratiquer ces manifestations sociales alors que le pays s’engouffre toujours plus dans un vertigineux désastre économique.

Certes, il faut un peu de courage pour œuvrer dans le sens commun et ne pas trop se préoccuper de son nombril. C’est la marque des grands peuples que de se rassembler autour de réformes douloureuses, mais nécessaire. À ce que je vois, les Français ne sont pas un grand peuple…

4 reponses »

  1. Quelle ramassis de conneries ! Alors que les « cheminots » ne représentent pas 5% des salariés de la SNCF, faut-il nous laisser croire que ce seraient des privilégiés parce qu’ils ne cotisent pas les deux ans et demi en plus ?
    Quel est le « sens du privilège » dans ce pays de gagne-petit où les seules mesures politiques qui sont prises sont celles qui viennent tirer les salaires des nantis vers le haut et tous les autres vers le bas ?
    Quand on pense que ces pauvres types partiront en retraite sans jamais avoir goûté au luxe d’un yacht ancrée dans le port de la Ciotat, qu’ils n’auront jamais eu l’occasion de faire un 18 trous au côté du préfet de sa région…

    Suppression des privilèges, oui, à commencer par ceux qui en ont le plus.
    On verra si ces @é&$^*$! de députés ne défileront pas davantage pour maintenir des privilèges ancestraux.

    http://malesherbes.blogs.nouvelobs.com/tag/SNCF+retraite+annuit%C3%A9+cotisation+Fillon+privil%C3%A8ge+r%C3%A9gime+sp%C3%A9ciau

  2. Un bon point pour toi, même si tu ne fais pas un commentaire exactement en corrélation avec mon billet.
    Les députés bénéficient effectivement d’un régime spécial de retraite. C’est un pur scandale. Les cheminots sont peut-être une mauvaise tête pour chercher des poux, mais c’est plutôt la conséquence de leur grève qui me tracasse. Que ça soit des cheminots ou des députés, je persiste à dire qu’il n’est pas civique de générer autant de dommages au pays pour cause de revendication sociale.

  3. La grève est un droit constitutionnel qui génère des effets collatéraux. Lorsque la situation en arrive à ce bras de fer, dis-toi bien que nombreux sont ceux qui ont échoué autour d’une table ou dans le bureau du ministre. C’est le résultat de l’échec d’une élite dirigeante incapable d’imaginer des solutions meilleures pour l’avenir sans le compromettre.
    Ou encore – mais c’est une idée qui reste à creuser – c’est le résultat d’un système économique en faillite, incapable d’équilibrer le fruit de la création de richesse sur les différentes générations.
    Ces luttes sont des conséquences que l’Histoire vient graver dans la pierre, ce sont elles qui forgent ces équilibres particuliers durables. Il n’est pas sérieux de croire que quelques jours de grève produisent des pertes financières énormes à des sociétés telles que la SNCF. Bien sûr, il conviendrait d’imposer à l’Etat de couvrir financièrement les impacts sur les usagers et les entreprises. Oui, c’est original de se rendre compte que « l’Etat, ce n’est plus nous »

    La grève enfin, n’est que la réponse aux malaises sociaux, aux dysfonctionnements dans la gestion (et donc la politique) de nos économies, les entraves des puissants et tous les obstacles qui mettent des freins au bon développement collectif et individuel.

    Eh oui, s’il ne fallait retenir qu’une citation de Maurice Thorez, je dirai « qu’il vaut mieux s’unir pour obtenir le bonheur sur la terre que de se disputer sur l’existence d’un paradis dans le ciel. »

  4. Je ne sais pas si les intervenants savent vraiment écouter et parler autour d’une table.
    La dernière idée de génie, à propos des cycles de négociations, n’est pas si mal, mais je m’étonne simplement qu’elle ne soit pas venue depuis des années.
    Plus d’infos sur Le Figaro