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Ravage : Quand la fiction devient réalité ?

Par • 27 février 2008 • Catégorie: Culture

Actuellement depuis hier, plus de 4 millions d’américains en Floride sont privé d’électricité. « Deux lignes électriques ont cessé de fonctionner dans une station secondaire quelque part entre Miami et Daytona », dans le sud de la Floride, a indiqué Daniel McIntyre, porte-parole de la Commission basée dans les environs de Washington.

Cet incident a entrainé l’arrêt des réacteurs nucléaires de Turkey Point. Electricité Cet évenement m’a fait penser au livre de René Barjavel : « Ravage « . L’histoire se déroule dans un société qui est entièrement dépendante de l’électricité. Même les cimetières sont d’un autre temps. Les corps sont congelés par manque de place de sol. Je ne peux pas m’empêcher de penser à cette fiction chaque fois qu’il y a une coupure de courant, même de courte durée depuis la lecture de ce livre.

Il m’est arrivé lorsque j’habitais à Marseille dans un immeuble de grande hauteur, que tout à coup il y est une interruption de la part d’EDF, de la fourniture d’électricité. En effet, suite à un feu de forêt près de câble à haute tension, ils ont du couper l’électricité pendant plusieurs heures. Et là, je me suis retrouvée dans la situation décrite dans ce roman.

L’histoire est assez cocasse mais fait prendre conscience de la dépendance que l’on a part rapport à l’électricité. Aussi, pour vous inviter à lire René Barjavel, je vais vous narrer l’histoire.

Le décor : « Appartement au 17 ème étage, plus d’électricité sur environ la moitié de Marseille. 19 heures le soir. »

Tout à coup « plus d’électricité ». Bon, on vérifie le compteur, puis on s’aperçoit que c’est au moins tout le quartier. Demi-mal, c’est général, donc on va patienter. En attendant au lieu de surfer, on va regarder la TV… Ah zut, la TV aussi a besoin d’électricité. Bon, c’est l’été, il fait encore jour, on va prendre un bouquin… Oui, mais deux heures après on est dans le noir. Où sont les bougies ??? Mince, ça on avait pas prévu… Enfin, on trouve une bougie. Oui, mais et le congélateur et le frigo ??? Tant pis, on verra après. Les bougies d’anniversaire ça permet seulement de rassurer le chat, mais on peut pas lire. Si on téléphonait à EDF pour savoir ? Ah on peut pas, le téléphone aussi a besoin d’une ligne de courant. Donc on téléphone du portable : Ben, voyons, tout le quartier est dans le noir et les connections passent via le réseau EDF … Donc impossible de les joindre.

Si on allait au cinéma ? en rentrant sûr ce sera réparé. Oui, c’est une bonne idée, mais enfin descendre 17 étages à pied dans le noir c’est pas top. Et si quand on revient il y a pas d’ascenseur on va faire comment ? Remonter dans le noir aussi ??? Pas très encourageant :( Et puis, le cinéma aussi a besoin d’électricité ? Et les feux de signalisation aussi dans les rues ont besoin d’électricité ? Et si on écoutait la radio pour savoir ce qui se passe ? Ah, non, impossible là aussi : La radio n’est pas à piles mais branchée sur le secteur

Aller au restaurant ? Même combat :( Fallait même pas penser à manger… Je suis du style « plat congelé : donc micro-ondes…. Et donc électricité

Voilà, pendant trois heures (et nous avons été des privilégiés, certains quartiers et la banlieue n’ont eu l’électricité que le lendemain matin), nous avons attendu sur le canapé que la lumière revienne, à la lueur de deux seules petites bougies d’anniversaire, en essayant de rassurer le chat. Oui, on en a beaucoup rit après, surtout qu’en qualité de femme prévoyante j’avais gardé les 2 bougies d’anniversaire qui avaient été utilisées quelques minutes sur le gâteau peut être un mois avant… Allez histoire de vraiment vous faire rire pendant quelques lignes, car finalement l’épisode n’a pas été aussi dramatique que dans la fiction de René Barjavel, nous avions planté les deux bougies dans deux coques de melons que nous avions mangé le midi… C’est ça le recyclage non ? (J’aurais du prendre une photo, car on en rit encore… )

Essayer de faire l’instant d’une soirée, (ou même un heure), le test de déconner votre dijoncteur et vous verrez l’importance de l’électricité dans votre vie… Et pour vous en convaincre lisez la nouvelle Ravage de René Barjavel… Je vous assure, cela fait froid dans le dos…

Allez, pour vous mettre en appétit, la prochaine fois je vous parlerais du dernier livre que je viens de lire : « Le Parfum d’Adam » de Jean-Christophe Rufin… Il aborde une autre problématique, mais qui est d’actualité aussi 😉

Je me mets à la place des américains aujourd’hui qui sont privés d’électricité… Espérons pour eux que cela ne durera pas autant que dans le livre de René Barjavel :(

7 reponses »

  1. Hum Ravage un bon livre que j’ai lu l’année dernière et moi aussi dès qu’il n’y a plus d’électricité je pense à ce roman.
    Et oui on a aussi eu une coupure le soir cet hiver pendant 2 3 heures.

  2. Je trouve très sympa, dans ce blog, les multiples parallèles que l’on peut établir entre faits de société et prémonition de ces faits dans la littérature française et étrangère.

    Ravage aujourd’hui, hier 1984 ou The Minority Report (même si dans le cas de cette dernière, signe des temps, il a été fait référence au film et à son réalisateur sans citation de l’auteur)… Nul doute que nous tirons profit de l’examen des spéculations de ces écrivains de science-fiction, ne serait-ce que par le recul qu’ils nous donnent par rapport aux évolutions que nous vivons.

    Sans compter que cela représente aussi un encouragement à découvrir ou redécouvrir ces écrivains, dont la réflexion peut nourrir la nôtre de façon très enrichissante.

  3. Voila… Tu m’as donné envie de lire le livre :) J’en peux plus là, je dois déjà lire 1984 , je vais plus m’en sortir !

    En tous cas, quand chez moi ça coupe, j’ai toujours le réflex de prendre la télécommande et de tenter d’allumer la TV :) Sans résultat … lol
    Mais bon c’est vrai que je tourne en rond un moment avant de trouver quoi faire. L’été encore ça va ! Je prends un livre et je vais dans le jardin, mais là…

    Quand il y a des coupures qui vont être longues comme celle au U.S ce pense plus au hôpitaux est aux autres endroit nécessiteux… Certes ils sont les générateurs perso mais c’est jamais bien pratique :s

    Olitax 😉

  4. Olitax, je te croyais au ski ? Tu as lâché les bâtons pour venir répondre ?

    Barjavel, cela devrait te plaire 😉

    Je pensais tout à l’heure, même avec une voiture neuve tu as toujours à l’esprit qu’elle peut tomber en panne. Mais, on occulte totalement de nos pensées à quel point l’électricité est omniprésente dans notre vie.

    A tel point que je viens a peine de réaliser que si cela m’arrive dans ma campagne : Je mange plus, je me lave plus, je me chauffe un minimum (avec la cheminée), et je serais dans le noir le plus complet. Car en ville parfois tu as la lumière de l’extérieur, ou les phares des voitures, mais là c’est vraiment un coin retiré…

    Et pour toi cela doit être d’autant plus dur une panne d’électricité : C’est pas d’accès à Internet ! mdr. Tu as des patchs pour pallier au manque ?

  5. Au ski ? Oui, j’y suis allé… Mais là, les cours on repris :( malheureusement…
    Et même au ski je vais scouater le premier ordi qui me tombe sous la main MDR 😉

    Quel genre de manque ? :p …

    Mais sinon, quand le manque se fait trop fort je descend au Cyber Café ! Heureusement que je n’habite pas en rase campagne !!

  6. Olitax : Copain g33k ^^ Moi aussi les ordinateurs et le net on tendance à vite me manquer, très pratique quand on est loin de chez soit.

    Désolé pour le hors sujet.

  7. Avec ce genre d’incident on peut simplement constater que nos sociétés sont très fragiles et à la merci de n’importe quelle panne ou sabotage.
    Essayons d’imaginer une guerre… déjà les villes sont les zones qui ont le plus souffert lors de la guerre de 39-40 mais à ce serait bien pire. Nous sommes non seulement dépendants de l’approvisionnement en électricité ( chauffage, eau chaude bien sûr, frigo/congélateur, cuisson, eau : les immeubles modernes des villes n’ont plus de gaz en principe) mais aussi approvisionnement en nourriture. Et surtout nous avons perdu les savoirs de base, avec une société qui nous apporte du  » prèt à consommer » !
    Une économie de guerre dans nos agglomérations gigantesque demandera des  » réajustements  » qui seront très difficiles à vivre.