Logo Adicie.com

Le secret de Philippe Grimbert

Par • 20 janvier 2008 • Catégorie: Culture

Un secretSigmund Freud est considéré comme le père de la psychanalyse. Mais avant lui, l’homme a vécu, et les problèmes restent toujours les mêmes depuis la nuit des temps.

Il faut rendre à Sigmund ce qui lui appartient. Il est arrivé à différencier deux types de maladies psychiques :

– La névrose : Etat dont on peut dire que chacun est atteint. C’est à dire, qu’il est conscient de sa pathologie mais refuse de l’admettre. Dans cette catégorie on peut citer par exemple les nymphomanes, les affabulateurs, les phobies.

– Les psychoses : Là, la personne est « en dehors de la réalité » par rapport aux autres, mais dans son monde à elle. Les schizophrènes font parti de cette catégorie. Vous n’arrivez à faire comprendre à un malade de psychose qu’il existe une autre réalité. Le malade peut avoir des hallucinations.

Même si dans la médecine, il y a eu des études faites bien avant Freud, la psychanalyse : C’est à dire le processus qui permet à la personne de chercher dans son passé pourquoi elle vit mal, et cela engendre des comportements qui peuvent l’handicaper, puis accepter ces épisodes douloureux, les comprendre, pour mieux vivre avec son passé.

Il y a deux courants de pensée, ou plutôt deux approches analytiques des problèmes du patient :

  • Le courant de pensée Freudien :

Sigmund Freud considérait qu’il y avait 3 états :

Le moi : Qui représente la partie consciente de l’individu. Le reflet qu’il est en société. L’entité qui rend la vie sociale

Le Ca : Qui représente les manifestations somatiques, état inaccessible de la conscience, qui obéit à la recherche de la satisfaction immédiate, du plaisir

Le Surmoi : Etat qui de la naissance jusqu’à l’âge de 5 ans hérite de l’instance parentale, sociale, qui enregistre les règles de savoir vivre à respecter. Le surmoi punit le Moi par le truchement des remords, de la culpabilité.
Son courant psychanalytique est de mettre en adéquation les trois stades. Pour qu’il n’y est plus qu’un seul stade : « Celui de l’individu lui mettra en accord ces trois entités, pour vivre en harmonie avec ses pensées. Assumer ce qu’il est en réalité.

  • Le courant de pensée Lacanien :

La démarche de Jacques-Marie Emile Lacan est plus d’ordre philosophique :

Pour lui « L’inconscient est structuré comme un langage »

Deux façons différentes d’appréhender le subconscient. Lorsqu’on s’engage dans un processus analytique, il est donc important de connaitre la façon de travailler du psychanalyste : Freudien ou Lacanien !

Philippe Grimbert est un psychanalyste Lacanien. Auteur de plusieurs ouvrages, c’est le livre « Un secret » qui le consacre. Récompensé par deux prix littéraires, ce livre basé sur des éléments auto-biographiques, raconte la vie d’un jeune homme dont les parents lui ont caché une partie de leur histoire. Inconsciemment il perçoit qu’il manque des pièces dans sa vie de ceux-ci.

Mais comment découvrir se secret lorsqu’on en a pas conscience ? Comment mettre en doute les paroles de ses parents, sans élément ?

Elevé comme un jeune catholique, persuadé qu’il l’est, mais pourquoi lui fait-on systématiquement des réflexions sur son nom ? Fils unique, il lui semble qu’il lui manque une partie de lui même. Il s’invente un frère pour pallier à ce manque. Sa jeunesse s’écoule ainsi, jusqu’au jour ou une amie de la famille lui dit la vérité. Mais cela ne sera pas simple pour lui de continuer à vivre sans dire de but en blanc à ses parents : « Oui, maintenant je sais » ! Et après, il faut vivre avec le « secret » familial.

Philippe Grimbert a attendu 20 ans après la disparition de ses parents pour écrire d’une manière romanesque ce que lui ont caché ses parents pour le protéger. L’envie de mettre des mots sur sa douleur, l’envie de d’assumer sa véritable identité, mais surtout le passé de sa famille. Car l’individu a besoin pour vivre en harmonie avec lui même d’accepter aussi bien son propre passé que celui de sa famille.

Au delà de l’histoire de ce secret, Philippe Grimbert relate en filigrane l’histoire des juifs déportés pendant la guerre, la manière dont ils ont du vivre, les humiliations, ce qu’ils étaient prêt à faire pour protéger leurs enfants.

Il est pas dans mes habitudes de lire les livres qui sont primés (J’y reviendrai dans un autre billet). Je ne me précipite jamais sur le prix Goncourt du moment, mais cette oeuvre a été récompensée par le Prix Goncourt des lycéens. Beaucoup de jeunes sont venus témoigner sur cet ouvrage, donc je me suis décidée à le lire. Et aujourd’hui je ne peux que vous en recommander la lecture !

Extrait – Le premier paragraphe…

« Fils unique, j’ai longtemps eu un frère. Il fallait me croire sur parole quand je servais cette fable à mes relations de vacances, à mes amis de passage. J’avais un frère. Plus beau, plus fort. Un frère aîné, glorieux, invisible ».

3 reponses »

  1. Ai-je lu trop en biais ? On dirait un énorme oublie, celui de Carl Gustav Jung
    ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Gustav_Jung ) … Ce, dans le sens des mentions de Freud, puis Lacan ; Yung manque, à mon sens. Ceci étant, je connais aussi les querelles « d’écoles » …

  2. Bonjour Olivier,

    Non Jung n’a pas été oublié, mais tout simplement j’ai voulu en introduction expliquer seulement les deux courants différents, car en psychanalyse il y a les « Freudiens » et les « Lacaniens ».

    Le but n’était pas d’expliquer la psychologie, mais comprendre quand je dis que Philippe Grimbert est un Lacanien.

    Jung était un élève de Feud 😉 Maintenant je peux te faire un billet plus complet sur la psychologie en général, mais je crains que cela n’intéresse pas les lecteurs d’Adicie ! :)

  3. Merci de cette précision, que j’ignorais et qui éclaire en effet l’oeuvre.

    J’aimerais ajouter que le thème de la perte de l’identité et de sa conscience obscure que peut en avoir le jeune héros sont un autre thème fort et lacanien de l’ouvrage.