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Les magouilles dans les ventes d’armes continuent avec Sarkozy

Par • 18 janvier 2008 • Catégorie: Politique

Une petite information diluée au milieu de le peoplolisation de la politique sarkozienne suggère qu’il faille reparler des ventes d’armes. Il s’agit de la décision du président qui vise à modifier la méthode pour vendre des armes, notamment à l’Arabie Saoudite.

Avion RafaleLe 14 janvier, lors de son voyage en Arabie Saoudite, le président Sarkozy annonce que les contrats internationaux en matière d’armement, à commencer par ceux qui concernent l’Arabie Saoudite, ne bénéficieront plus d’intermédiaires. Les propos exacts du président sont : « Il y aura, notamment en matière d’armement, des contrats d’État à État. Je ne veux pas d’intermédiaire dans les contrats, ce qui permettra à la fois de baisser les prix et en même temps d’éviter toute mauvaise tentation ».
Il s’agit de bien décrypter ses paroles afin d’en juger des conséquences. Ainsi, les intermédiaires légaux sont éliminés au profit d’une relation directe entre les gouvernements. J’espère pour Sarkozy qu’il n’est pas aussi innocent que ces propos veulent laisser entendre, mais je crois plutôt qu’il se fout carrément de notre gueule. En tout cas, c’est un bel exemple de langue de bois et surtout d’un silence médiatique sur une attitude qui légitime une pratique scandaleuse.

Pour résumer le schéma concernant la vente d’armement, il s’agit de graisser la patte de toute une chaîne d’intervenants afin que les pays qui ont besoin d’armes choisissent nos produits plutôt que ceux des autres puissances mondiales fabricantes d’armes. Dans les hautes sphères du pouvoir et parmi toutes les sphères qui gravitent autour, le réseau est huilé à coups de pots-de-vin. Untel connaît untel qui va parler à Untel pour préférer l’arme française plutôt que celle d’un concurrent. Tous ces messieurs Untel attrapent au passage une mallette garnie de plusieurs millions d’euros ou plutôt pas la peine de s’embêter avec des billets, voilà le RIB de Monsieur Untel dans sa banque d’un paradis fiscal. Les montants des commissions occultes sont gigantesques. Si vous ne me croyez pas, écoutez Jean Guisnel, journaliste au Point, dans la vidéo suivante (17/01/08) :

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La vidéo introduit également le fait qui m’intéresse dans ce billet. Sarkozy a décidé de supprimer les intermédiaires qui est en fait la SOFRESA, une société créée en 1974 afin de superviser les relations entre les sociétés de fabricants d’armes et les acheteurs, mais qui inclut aussi l’Etat français dans le montage triptyque.

Nul besoin d’être expert en géopolitique pour comprendre ce qui se passe. D’un côté, Sarkozy va éliminer un intermédiaire légal qui servait pourtant à diriger le processus compliqué de la vente d’armes. Je me demande donc comment l’énarque chargé de remplacer cet intermédiaire va se débrouiller dans ce panier de crabes, en évitant « les mauvaises tentations » dont parle Sakozy. J’ose seulement imaginer l’énarque en costume cravate qui va aller dans la jungle ou dans le désert en disant qu’il ne va pas verser de pot-de-vin, mais que l’avion Rafale est vachement mieux que le F-18 américain et qu’il faut l’acheter, même s’il est plus cher. C’est grotesque à imaginer comme situation, mais ce n’est pas risible car le foutage de gueule continue sous Sarkozy.
D’après Guisnel, la SOFRESA est indispensable et devra être remplacé. Du coup, match nul ; la balle au centre. Il y aura peut-être une petite économie officielle, mais cela ne résout pas le problème de fond qui concerne les commissions occultes.

Traiter d’Etat à Etat sans verser de pots-de-vin est une utopie. Il n’y a aucune raison que les pays acheteurs choisissent nos mitrailleuses, nos chars d’assaut, nos avions et autres matériels d’armement si toute la chaîne n’est plus corrompue par la France. Officiellement, la France ne verse pas de commissions, mais tout le monde sait comment cela fonctionne. Il suffit de regarder le dossier de la vente d’armes à l’Angola pour se rappeler que tout le monde trempe dans la soupe à la corruption. La chaîne de la corruption démarre au plus haut niveau de l’Etat français pour se terminer au plus haut niveau de l’Etat acheteur, en passant par une ribambelle d’intermédiaires plus ou moins douteux ou officiels. L’affaire des ventes d’armes à l’Angola traîne en longueur, mais d’autres affaires comme celle des Frégates de Taïwan se terminent en queue-de-poisson. Personne ne peut être dupe sur la manière de procéder concernant la vente d’armement, comme dans tout contrat international, même si la justice peine à dénoncer les coupables. Il n’y a aucune raison logique pour que ce montage cesse puisque le système est bien huilé. La justice rattrape seulement un pourcentage infime des malversations, les fabricants d’armes vendent leurs engins de mort, les intermédiaires négocient la came et les pays acheteurs continuent de faire la guerre. C’est simple et efficace et surtout ça génère du Chiffre d’Affaires qui contribue à faire tourner l’économie car les sommes engagées sont gigantesques.
De plus, il faut aussi savoir que les contrats sont aussi parfois assortis d’un curieux montage qui implique que c’est la France qui prête à taux avantageux ou donne carrément l’argent nécessaire à la transaction. D’ailleurs, j’ai déjà parlé de cette manière de procéder à propos du voyage de Kadhafi en France.

J’aurais applaudi Sarkozy s’il avait avoué que les commissions occultes ne cesseraient pas ou tout du moins s’il avait adressé la question, mais il fait exactement l’inverse. Il ose prétendre que les pots-de-vin vont cesser. Si la France va cesser de graisser la chaîne, je doute que les exportations d’armement (et du reste de notre production nationale) remportent un franc succès. Remarque, à quoi bon dire la vérité car de toute façon cela ne sert à rien de parler de quelque chose qui n’existe pas, sauf quand on se fait attraper la main dans le sac comme les accusés de l’affaire de ventes d’armes à l’Angola. Du coup, il est possible de dire n’importe quoi et gobe qui pourra car ce n’est pas officiel donc « pas vu, pas pris ».
L’hypocrisie latente m’exaspère car le niveau de corruption atteint tous les niveaux de l’Etat. Il n’y a malheureusement pas grand-chose à faire, sauf qu’en parler donne l’impression que je ne suis pas aveugle ; me rassure sur le fait que je suis un citoyen averti. Tout compte fait, je reste invisible comme le reste des Français qui ne fait pas partie du petit cercle des requins du commerce international impliquant l’Etat. Nous sommes tellement insignifiants comparés à ses sphères des négociations internationales que ça fout les boules.
Ma théorie derrière les propos de Sarkozy est que le(s) pote(s) du président qui négocie les contrats douteux s’est fâché avec la SOFRESA et du coup, la donne a changé, mais le système va évidemment perdurer. Il est impossible de briser une chaîne qui profite à tout le monde.
L’aberration du commerce international selon l’Etat est hallucinante. Ce sont surtout les montants qui sont scandaleux car les sommes soupçonnées proviennent d’une autre planète puisqu’il s’agit de centaines de millions, de milliards d’euros. Ce ne sont pas des clopinettes quand on observe tout ce qu’il faut endurer afin de grappiller quelques millions par ci ou par là pour mettre dans la cagnotte du pouvoir d’achat des Français. Bien sûr, le citoyen français profite des ventes d’armement car les industriels qui fabriquent des armes sont de grosses sociétés qui emploient des milliers de personnes et qui font des Chiffres d’Affaires colossaux.

Un jour, il faudra commencer à respecter l’argent public que le contribuable se fait suer à générer pour mettre sa part dans le bon fonctionnement du pays. Ça serait vraiment un changement fondamental qui mettrait le gouvernement sur un autre niveau que ses prédécesseurs et ses alter ego du monde entier. Au moins, que l’hypocrisie cesse une bonne fois pour toutes ! J’estime que derrière chaque transaction intenationale d’un certain niveau financier se cache une série de pots-de-vin. C’est débile de le nier ou de faire croire qu’on le renie comme vient de faire le président. Que les caisses noires soient mises à jour pour que nous admettions dans quel monde de pourris corrompus jusqu’à la moelle nous vivons. L’Etat possède un devoir de rendre des comptes au contribuable. Même si le commerce est pourri et dégueulasse, il est légitime de savoir comment est utilisé l’argent provenant des impôts. Enfin là je rêve car ça va évidemment faire tâche quand le contribuable pourra visualiser que son argent finit dans un des maillons de la chaîne de la corruption internationale. Pourtant, c’est la vérité; tout le monde le sait et personne ne s’en offusque à part quelques procureurs renégats et une poignée de journalistes impertinents.

18 reponses »

  1. Hey ! tçujours agréablement suprise de lire des billets intéresants :) qu’est-ce que tu sous entendais dans cete parenthèse : « et du reste de notre production nationale » ? je te souhait une bonne continuaion !

  2. Laurent tu as raison sur toute la ligne !
    Mais si tu remplaces « Pots de Vins » par « Commissions d’intermédiaires » ça change tout !

  3. Une petite précision Laurent : je cite le monde du 8 janvier 08

    « A l’Elysée, on prépare activement le voyage de M. Sarkozy en Arabie saoudite. « Les autorités saoudiennes ne veulent plus passer par la Sofresa, déclare Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée, ils réclament des contrats d’Etat à Etat, en faisant explicitement référence à l’époque Mazens qu’ils n’ont pas appréciée. »

    Le Président n’a fait que répondre aux souhaits des Saoudiens. La SOFRESA ne disparaitra pas pour autant !

    Ton billet est intéressant, mais je ne peux pas croire que tu puisses penser que les contrats d’armements comme tous les contrats stratégiques puissent être obtenus par le seul jeu de la concurrence.

    La concurrence est dure et sauvage, tous nos concurents ont les dents aussi longues que nous, et les acheteurs potentiels aussi. Qui pourrait croire que seule l’excellente qualité de nos produits suffit à nous faire emporter un marché à l’international.

    Si un produit est de bonne qualité et entre dans une zone de prix concurrentiel. Deux manières de le vendre:

    -Soit en cassant le prix
    -Soit en disposant d’un relationnel important et efficace.

    Ce n’est plus de la politique mais du BUSINESS !

    Ce relationnel exige une commission et ceci me parait normal.

  4. Ce ne sont pas des commissions versées dans le cadre légitime d’un contrat international, mais bien des pots-de-vin qui sont payés de manière totalement opaque.

    La SOFRESA ou son équivalent est un outil légal, mais il existe un procédé généralisé qui implique de la corruption.
    A ta petite liste pour mieux vendre j’ajoute simplement ce point :

    -Soit de corrompre les acheteurs en versant un plus gros pot-de-vin que la concurrence.

  5. Tout à fait d’accord !

    Et maintenant on fait quoi ? On regarde passer les trains !

    On laisse aux USA et à la G.B. le soin d’emporter les marchés !

    Ou alors on se bat à armes égales ! et on apporte du travail dans le pays.

    En mon âme et conscience si l’état doit rendre des comptes sur l’argent des contribuables il peut aussi en face des débits mettre les crédits !

  6. Justement, l’Etat doit rendre des comptes sur l’argent public et ça suffit de nous prendre pour des caves.
    Laisser croire qu’un énarque va gérer directement les contrats internationaux, sans intermédiaire, est une fumisterie.
    Le système marche comme cela et tout le monde le sait, alors pourquoi continuer à le cacher ?

  7. Je ne comprends pas quand il est question de l’argent des contribuables français:Si on exporte de l’armement,c’est le pays etranger qui paie ,donc avec l’argent du contribuable etranger .Dans l’affaire c’est tout benef pour la france:emplois,impots payés par les sociétés françaises…On va pas cracher dans la soupe

  8. Très souvent, c’est l’Etat français paye la facture à l’entreprise qui achète, puis fait un crédit avantageux ou alors effectue une donation sous forme d’aide à côté. Pour créer ces emplois, c’est le contribuable qui paye d’un côté pour que ça sorte de l’autre. Si je vais plus loin, l’Etat n’a qu’à verser directement des sous aux entreprises pour éviter la faillite.
    Ce n’est pas ma notion du commerce d’être ainsi chapaudé telle une espèce protégée.

    En fait, ce ne sont pas les ventes d’armes qui sont problématiques, mais plutôt les magouilles liées aux ventes d’armes. Je ne vois pas pourquoi l’argent public doit servir à payer des commissions occultes. C’est la moindre des choses que le contribuable sache à quoi sert son argent, même si c’est pour verser des pots-de-vin.

  9. Si je comprends bien, personne ne remet ici en cause le fait de vendre des armes, sachant qu’une arme est destinée tuer d’autres êtres humains, sous prétexte que cela permet de nourrir (grassement) des ingénieurs et ouvriers Français, et surtout rapporte un max aux actionnaires Français (à vérifier!), à l’Etat, ses fonctionnaires et ses poissons pilotes nettoyeurs de corruption?

    A partir du moment ou on est pour la vente d’armes au nom du sacro-saint pouvoir d’achat, pouvez-vous m’expliquer comment on peut trouver que le cannibalisme est dégoutant?

    A partir du moment ou on accepte de fournir des outils destinés à tuer d’autres êtres humains, je ne vois pas pourquoi on est contre la corruption, puisque celle-ci permet d’être plus efficace dans la vente des armes?

    Par contre, pouvez-vous effectivement justifier que les ventes d’armes létales offensives est bénéfique au citoyen-pôvcon qui ne travaille pas dans l’industrie d’armement, et que la capacité de produire des armes ne pourrait pas, par exemple, être utilisée pour produire uniquement la partie défensive des systèmes d’armes, ou il y aura un marché florissant bientôt, vu la prolifération actuelle (je vous signale que les Allemands, par exemple, sont les premiers producteurs mondiaux de systèmes de protection NBC). En France, nous avons des atouts nous permettant de nous placer au niveau des systèmes de radars ionospériques, des destruction de missiles balistiques, hélicoptères de sauvetage, …. De plus, il n’y aurait pratiquement aucun souci moral à vendre des moyens de protection contre la bêtise militarisée.
    Je sais bien que les « stratèges » bellicistes prétendent que des systèmes défensifs sont en fait propices à l’offensive, mais je ne suis pas d’accord. Ce qui est propice à l’offensive, ce sont les armes de destruction massives ou pas.

    Conclusion :
    A moi, être humain normal et citoyen contribuable pôvcon, vous me donnez tous envie de gerber, spécialement les faux derches qui jouent les vertueux en dénonçant la corruption mais acceptent de vendre des outils de mort pour augmenter leur bien-être.

    B E U U U U U A A A A R R R K

    Ooops … pardon.

  10. Bien entendu qu’il faut remettre en cause les ventes d’armes, mais c’est un débat tellement perdu d’avance car les êtres humains aiment trop faire la guerre.
    Par rapport à la corruption, les ventes d’armes sont un exemple parmi tant d’autres car je dénonce plutôt l’hypocrisie latente qui tourne autour de toute vente internationale.
    Mon propos est plutôt de dénoncer les commissions occultes de tout poil, plutôt que la teneur de la transaction qu’il est impossible de stopper.

  11. @Denis LOUET

    A moi, être humain normal et citoyen contribuable pôvcon, vous me donnez tous envie de gerber, spécialement les faux derches qui jouent les vertueux en dénonçant la corruption mais acceptent de vendre des outils de mort pour augmenter leur bien-être.

    En tant qu’individu je peux comprendre votre point de vue.

    Par contre dans le cadre d’un raisonnement macro-économique je ne vois pas ce qui nous empêcheraient de vendre des armes, des centrales nucléaires, des avions de chasse, des avions civils, des voitures etc.etc.

    Ce sont des marchandises avant tout, ce qu’en font ceux qui les achètent n’est pas de notre ressort.

    La responsabilité des dirigeants politiques est d’apporter du travail à un pays qui en a besoin.

    Les grandes idées pacifistes sont faites pour les rêveurs de tous poils.

    Facile de donner des leçons ! moins facile de faire face aux réalités !

    « Je vis de bonne soupe et non de beau language »

  12. En fait, c’est bien de jouer au Don Quichotte, mais la réalité nous rattrape évidemment.
    Comme dit Robert, faire face aux réalités est plus viable que rêver d’une paix universelle.

  13. @Laurent

    En réfléchissant je me disais que la « corruption » commence des l’enfance, elle est insidieusement enseigné par les parents à leurs enfants.

    « Si tu es sage tu auras un bonbon »

    « Si tu aides ta mère, tu pourras sortir samedi »

    « Si tu as ton BAC tu auras une voiture »

    Etc. etc. tout çà s’appelle « Chantage et corruption »

  14. Ah oui je n’y avais pas pensé sous cet angle.
    Nous sommes éduqués pour corrompre et être corrompu.
    Même à notre minuscule niveau, combien de fois c’est arrivé de payer la moitié d’une facture de plombier ou d’électricien en liquide – sinon la totalité de la facture.

  15. Eh oui ! il n’y a pas de petite ou grande corruption !

    La culpabilité qu’entraine la corruption active ou passive ne relève que d’une disposition « légale » qui l’interdit.

    Si l’on fait abstraction de cette loi, sur quel fondement pouvons-nous dire que cela n’est pas bien ?

    Vouloir obtenir une chose à laquelle on tient est-ce mal ?
    Vouloir se libérer d’un charge qui nous pèse est-ce mal ?

    Ce qui conditionne notre comportememnt ce sont les routes balisées que l’on nous contraints de suivre, et ceux la même qui nous y contraignent s’en libèrent losque cela les arrange.

    Finalement c’est cela qui nous embarrasse, ne pas pouvoir en faire autant quand nous le voudrions.

  16. @nicolas Sarkozy : La blague est de mauvais goût.

    @Robert Dion : Vous êtes mal placé pour critiquer les rêveurs en vôtre qualité de poète. ^^’
    Mais vous savez, le problème est justement que la possibilité de ne pas verser autant dans l’exès que nous le voudrions, je me demande si ce n’est pas le problème justement. 😉

    @Denis Louet : « Les biens-pensants de province sont la ruine de la Vertu. » S’est toujours vrai aujourd’hui. Je vous suggère de relire la première page de l’Art de la Guerre de Sun-tzu, et alors vous connaîtrez la réponse. 😉

    @Laurent Bourrelly : Oui, effectivement, la corruption est généralisée et gangrène l’état. Formidable, non ? La corruption est l’une des étapes clés dans l’effondrement d’un système. Quelque soit la force apparente de l’état. Je n’aurais jamais crut assister en live a une telle déchéance, lorsque j’étais enfant, mais finalement, je suis né à la bonne époque pour contempler une situation de chaos généralisé. lol (<– je ris jaune, bien sur).

    Le problème vient de la nature économique du système : les hommes peuvent suivre un principe directeur, si on les guide. C'est pourquoi lorsque cela arrive, le monde change. La révolution française est un bon exemple, mais ce qui a commencé dans le sang, ses bases ne sont pas saines. C'est pourquoi la construction est mauvaise. De la même manière que le monstre Ton de la fable a fini par se dévorer lui-même, les Dynstie Qin et Yoritomo se sont effondrées après la mort de leurs premiers représentants, et maintenant, les gens sont scandalisés lorsqu'ils regardent les abominations commises par leurs prédécésseurs, pour qu'eux arrivent là où ils sont.
    Pourtant, il est possible de faire cesser cette coruption. La méthode s'appelle "extirper les racines secrètes du mal". Elle a déjà été utilisée, à de nombreuses reprises, mais de nos jours elle tombe en désuétude.

  17. Thomas Jefferson était conscient des dangers liés à la gangrène politique. C’est pourquoi il préconisait un « renouvellement » régulier des factions.
    En d’autres termes, il faut que ça pète pour mieux repartir sur des bases plus saines ou moins pourries suivant comment on se place.

    Je suis aussi d’accord sur la Révolution française qui n’est pas un exemple de bonne transition.

    En tout cas, merci pour ce commentaire éclairé et constructif.

  18. @Laurent Bourelly : Je vous en prie.

    Oui, cela ne m’étonne pas de la part de Jefferson. Les américains ont tendance à être conciliant dans leur politique intérieure, car leur système est conçu de manière à changer et à réagir très lentement.
    Nous en connaissons d’ailleurs tous des exemples innombrables, ne serait-ce que sur l’actualité récente : depuis les difficultés pour fermer Guantanamo Bay à la quasi-impossibilité de mettre à mort légalement un prisonnier en Californie (leurs prisons sont pleines de détenus dans le couloir de la mort, qui s’apparente en fait plutôt à une version VIP des prisons locales, meilleures bouffes, meilleur traitement, plus d’espace individuels, plus d’effets personnels, et même pas vingt mises à mort au compteur, les prisonniers en viennent à réclamer la peine capitale et les juges la leur accordent sous le coup de la lassitude…).
    C’est aussi de là que vient, en partie, la difficulté de la lutte contre la corruption, pas seulement en Amérique d’ailleurs. En Italie et au Portugal, la vie est belle pour les mafiosos. Même quand les journaux dénoncent, la réaction au « scandale » porte plus sur le coût de l’escroquerie plutôt que sur l’acte criminel en lui-même ! C’est par ce que les vieilles et mauvaises habitudes ont la vie dure – comme dit Stéphane Coréard : « l’enfoiré vis vieux : le vice préserve. »

    @Rober Dion : Quand j’y pense, oui. Le chantage et la corruption inculqués aux enfants dans nos sociétés occidentales modernes sont présentés sous la forme de pieux mensonges nécéssaires pour le moment où la vie se chargera de leur couper les cheveux… -_-‘
    On vit dans une société follement amusante… Mais qu’espérer, sinon que l’orage finisse par passer ? :roll: